Servian est un village méridional moderne qui sait cultiver son authenticité.

Du chemin de ronde à l’église classée bâtie au XIIème siècle, les vestiges  de l’Histoire laissent imaginer Servian médiéval, édifié sur le rocher et protégé par les remparts. L’existence de Servian remonte à la Préhistoire au néolithique final (2600-1900 avant J.C.) mais l’origine du nom reste mystérieuse : Cervius de cerf ou Servius, nom latin du propriétaire du domaine Servianus.

Servian se situait dans un triangle à proximité de la voie Domitienne qui établissait une liaison Italie-Espagne, de la transversale montagnarde joignant le Gard vers le Tarn et l'Aquitaine, et le troisième itinéraire issu de la voie Domitienne, passant par Puissalicon se dirigeant vers le centre de la Gaule.

Dans ce triangle, l'économie est prospère. On cultive du blé, on l'exporte. L'olivier à l'époque gallo-romaine est exploité : on récolte les olives et produit de l'huile.
Quant aux vignes, aux domaines et aux folies biterroises, ils sont les témoins de l’essor économique que connaît Servian depuis le XIXème siècle grâce à la culture du vin.


L'église

L'Eglise de Servian, dédiée à Saint Julien et à Sainte Basilisse d'Antioche, domine le village et la campagne. Elle date de la fin du XIIème siècle et peut-être même pour certaines fondations du VIIIème siècle. Primitivement, elle fut bâtie en style roman, modifiée et achevée en style ogival. Le premier édifice, déjà fortifié, défendait le village par l'est. Au XIVème siècle, l'église jouit des revenus d'un fief pour son entretien (Lettre royale d'août 1345). Elle s'agrandit : sa nef s'allonge jusqu'au niveau de l'actuelle Sainte Table.

L'agrandissement opéré en 1875 est bien adapté au style, mais il donne légèrement dans le gothique flamboyant. Les grands vitraux datent de cette époque. La réparation de 1876 transforme l'ornementation de l'église. Les anciens autels en pierres sculptées furent remplacés par des autels en marbre.
Servian, Bourg cathare : Saint Dominique est venu prêcher à Servian


Pont Royal

Le pont porte la date de 1680 mais aucune indication ne permet de connaître la durée de sa construction. Il a été inscrit à l'inventaire des Monuments Historiques en 1941.

Il était sur la route royale N°9 puis il fut sur la route nationale N°9 (qui s'est même appelée route impériale N°9 sous le Second Empire) Perpignan-Paris par Millau. Cette route, voulue par Colbert, mettra plus d'un siècle pour être achevée ; l'intendant général d'Aguesseau étant un acteur prépondérant de sa réalisation, son rôle était plus commercial que militaire.

La route qui précédait cette voie royale était vraisemblablement une voie romaine secondaire (IIIème ou IVème siècle ap. J.C.) Bittaere-Piscenae Béziers, (à l'origine Baeterris) Pézenas, (les orthographes varient énormément) et fait remarquable la nouvelle route (devenue N°9-113) était parallèle à la voie "romaine" ; en particulier, elle faisait un crochet pour franchir la Thongue (et ce jusqu'à la création de la déviation et du pont actuel au troisième quart du XXème siècle), pour être perpendiculaire à la rivière à traverser.
La nouvelle autoroute A 75 se superpose actuellement à cette voie.

L'ensemble du pont comprend le pont proprement dit avec 5 arches pour une longueur totale de 83,3 m. Pour compléter le pont principal, lui fait suite un autre pont de 4 arches de 5 m d'écartement, 3,5 m au-dessus du niveau de l'eau et d'une longueur de 67,7 m, ce qui porte l'ensemble à 151 m. A noter que sous la dernière arche (toujours en partant de Béziers) coule le ruisseau de Mazel qui est en eaux toute l'année.

Il faut remarquer sur la deuxième arche (comptée en partant de Béziers), des deux côtés, les clés de voûtes armoriées portant la couronne de comte et les armes du Languedoc, ainsi que la date de 1680. Aux entrées du pont de chaque côté, une pierre appelée "chasse-roue", empêchait les carrosses de heurter le parapet. En venant de Béziers, il y a un petit pont (une seule arche) du même âge, au dessus de l'exutoire des eaux venant de la Roque. Enfin, on peut ajouter un pont (une seule arche) sur le ruisseau de Gaspary, toujours de la même période de construction et sur la même route, distant de quelque deux cents mètres (sur la commune de Montblanc). Cet ensemble a été déclassé par les Ponts et Chaussées, en tant que voie de circulation à la toute fin du XXème siècle.


Autres visites

Le village offre plusieurs possibilités de circuits pédestres ou en VTT, à la découverte du petit patrimoine bâti de Servian. Ainsi, une trentaine de croix de différentes époques ont été recensées et font l'objet actuellement de plusieurs promenades organisées par l'association Art et Culture.


Sources